Si mon bien aimé s’en venait

Texte tiré de la Kanteletar, traduit par Jean-Luc Moreau / musique Gérard Delahaye (Finlande - France)

Interprété par Elie Guillou et Marie-Suzanne de Loye

Ce texte a été écrit en Finlande au IXème siècle. Mis en musique au XXème siècle par Gérard Delahaye, la chanson ne nous promet pas les retrouvailles mais assume l'espérance de ces retrouvailles. Il maintient le doute ouvert. Avec lui, notre écoute de ce qui pourrait vivre encore, sur l'autre rive. En Finlande, cette autre rive est la côte suédoise, d'où l'écrivain Henri Martinson nous écrit :

« Difficile de croire en la vie dans l'au-delà
Mais juste de souhaiter une vie dans l'au-delà
C'est manifester sa joie d'être en vie et le plaisir de revenir à sa beauté
et non seulement mourir telle l'éphémère

Juste de manifester sa joie d'être en vie
Juste de faire passer la vie avant la mort ».

Découvrir une autre version : Gérard Delahaye

Si mon bien aimé s’en venait,

Si mon chéri venait vers moi,

De par son pas je le saurais.

Sa démarche me le dirait,

A la distance d’une verste,

Même si deux nous séparaient

 

Vite en vapeur je volerais,

En volute m’évaderais,

Ma bouche à ses baisers offerte,

En flammèches je fuserais,

En jets de flammes jaillirais,

Ma bouche à ses baisers offerte.

Sa bouche je la baiserais,

Fût-elle au-delà de la mort,

Fût-elle au-delà de la mort.

Sa bouche est faite de bon pain

Sa lèvre a l’arôme du miel

Sa lèvre a l’arôme du miel.

Vite en vapeur je volerais,

En volute m’évaderais,

Ma bouche à ses baisers offerte,

En flammèches je fuserais,

En jets de flammes jaillirais,

Ma bouche à ses baisers offerte.

Et sa main je la serrerais,

Fût-elle d’un serpent le siège,

Fût-elle d’un serpent le siège

Ses mains sont belles comme l’or

Son cou c’est un brin de bruyère

Son cou c’est un brin de bruyère

 

Si mon bien-aimé s’en venait

Si mon bien-aimé s’en venait...